Actualités : juin -août 2015

Actualités : juin -août 2015

Les pages ci-dessous doivent beaucoup à d’autres que je remercie ici. Mais, évidemment, elles n’engagent que ma seule responsabilité. Ce texte a été terminé le 4 septembre 2015. Pour les événements intervenus depuis, certainement nombreux, je vous renvoie au site de notre association France-Islande et à celui de l’Ambassade d’Islande en France.

 Vous pouvez aussi sur simple demande (michel@sg-ms.net) vous abonner à mes « Chroniques » mensuelles). MS

Les mois passés ont été décrits ici comme des mois de bouillonnements : montée des Pirates, passage en force du gouvernement à propos de la négociation d’adhésion à l’UE, et, plus récemment, grèves pour des revendications apparemment irréalistes, hésitations autour de la levée du contrôle des changes… Et voici que le mois de juin paraît celui des solutions. Sur le « front social » : les nombreux accords dans le privé comme dans le public permettent d’écarter la menace d’une grève générale. Pour ce qui concerne la levée du contrôle des changes, le gouvernement annonce un plan qui est salué de toutes parts pour sa qualité. Mais pour calmer de justesse la fronde sociale, il doit accepter des concessions politiquement douloureuses, coûteuses et évidemment non inscrites au budget. Pourra-t-il les financer avec la taxe qu’il veut imposer pour lever le contrôle des capitaux ? Beaucoup de voix s’élèvent, notamment la Banque Centrale, pour crier au risque de relance de l’inflation… D’ailleurs, l’incendie est-il vraiment éteint ?

La levée du contrôle des changes :

Et d’abord pourquoi a-t-on instauré ce contrôle ? Dans les années précédant la crise de 2008, un certain nombre de fonds – fonds souverains notamment – spéculent sur la monnaie islandaise sans que les autorités islandaises s’en émeuvent, heureuses de voir la couronne objet de tant de sollicitude. Ce sont ainsi, au moment de la crise, environ 600 milliards d’Ikr (soit 4.2 milliards d’euros – 42% du PNB islandais d’alors) de Glacier bonds libellés en Ikr que détiennent des opérateurs étrangers et dont il faut à tout prix éviter la sortie sous peine de voir la couronne chuter plus encore. Un contrôle des changes drastique est décidé avec l’approbation du FMI. La situation devient plus difficile encore à mesure que les liquidateurs des trois banques en faillite parviennent avec un réel succès à réaliser leurs actifs. Ce sont 900 milliards d’Ikr, détenues tant par des résidents islandais que par des non-résidents, qui viennent s’ajouter aux avoirs évoqués précédemment mais réduits entre temps de moitié à l’occasion de négociations avec la Banque Centrale, soit au total 1200 milliards d’Ikr, plus de 8 milliards € au cours actuel.

L’essentiel du plan annoncé et voté le 7 juin consiste à encadrer très étroitement la sortie de ces sommes gigantesques par des accords avec les liquidateurs des anciennes banques, ou à défaut les soumettre à une « taxe de stabilité » fixée à 39% de leurs actifs.

La taxe de stabilité devrait apporter au Trésor islandais 640 milliards d’Ikr (4.3 milliards d’€). Quels que soient les choix des opérateurs, ces mesures devraient selon leurs promoteurs suffisamment alléger la charge sur les marchés pour que le cours de la monnaie soit maîtrisé.

Il y a bien sur débat autour de l’utilisation de ces milliards d’Ikr (1/3 du PNB !). Construction du nouvel hôpital, souhaitent les cigales ; résorption de la dette publique rétorquent les fourmis, dont évidemment le Président de la Banque Centrale, très inquiet pour le niveau des prix…

Et certains se distinguent en faisant remarquer que ce plan n’apporte aucune solution à la fragilité de la monnaie, qui reste exposée à un retour au contrôle des changes en cas de turbulences.

Actualité sociale

Ces derniers mois, pendant lesquels devaient être renégociés une majorité d’accords salariaux, étaient lourds de menaces sociales tant les organisations de salariés paraissaient prêtes à aller jusqu’au bout de revendications jugées irréalistes par leurs interlocuteurs. Toutes ces revendications devaient confluer en une grève générale en juin. Il était clair que l’objectif était de faire plier un gouvernement jugé sourd et aveugle. Celui-ci finit par céder et prend fin mai des mesures susceptibles de faciliter les négociations,  telles qu’une réforme de l’impôt sur le revenu pour alléger la charge sur les bas revenus, ou, pour ce qui concerne le logement, des actions pour réduire les coûts de construction, et des aides à la location pour les revenus les plus modestes.

Le signal permet un lent dégel de la situation. Le 29 mai, la fédération des salariés du commerce et d’autres fédérations qui se sont jointes à elle signent un accord qui concerne 70000 salariés et sera approuvé ultérieurement par environ 70% d’entre eux. Les augmentations sont significatives notamment pour les bas salaires puisque le minimum sera porté à 300000 Ikr (2000€) au 1er mai 2018 (aujourd’hui 230000 Ikr, soit +30%), alors que des salaires de 550000 Ikr n’augmenteront « que » de 90000 IKr (+16.4%).

Cet accord fait école… Les plus réticents sont dans le privé les techniciens et ouvriers de l’industrie électrique et les salariés de la restauration, dans le public les infirmières issues de l’Université. Les premiers signent après de longues négociations un accord proche des précédents. La situation est beaucoup plus dure du côté des infirmières de l’Hôpital National. Dans un secteur en sous-effectif à la suite des économies décidées par le gouvernement, la grève se fait immédiatement sentir. Mais les infirmières restent sourdes aux appels. S’agissant du secteur public le gouvernement peut faire voter une loi de réquisition, ce qu’il se décide à faire après beaucoup d’hésitations le 12 juin : la grève est interdite et les parties ont jusqu’au 1er juillet pour trouver un accord, sinon il appartiendra à un tribunal arbitral de trancher. Pendant que 250 infirmières, soit 1/4 d’entre elles, démissionnent, la négociation reprend et se conclut par un accord signé le 23 juin, jugé préférable par les négociateurs à l’arbitrage du tribunal. Les infirmières recevront une augmentation de 18.6% sur les quatre années à venir. Mais l’accord ne semble pas satisfaire les intéressées. Le contentieux est en cours de jugement.

Actualité politique

Malgré le gros effort de communication autour du projet de lever du contrôle des changes, qualifié par un Premier Ministre toujours prêt à l’autopromotion comme le plus ambitieux de toute l’histoire économique de l’île, les sondages vibrent peu. Le gouvernement progresse de 31.4% (mai 2015) à 33.2% (4 août 2015) au profit du Parti de l’Indépendance, 23.1% (21.2 en mai), comme du Parti du Progrès : 12.2% (11.3% en mai). Dans l’opposition le Parti Pirate se stabilise autour de 35% et continue de représenter à lui tout seul la même audience que le gouvernement. Les autres partis bougent peu : Alliance social démocrate : 12.2% (11.8 en mai), la Gauche Verte : 10.2% (11.1en mai). Seul Avenir Radieux poursuit sa descente aux enfers (4.4%) et n’aurait donc plus de député alors qu’il en a 6 aujourd’hui, ce qui devrait entraîner le départ de l’un de ses fondateurs Guðmundur Steingrímsson.

Le 17 juin, jour de fête nationale, Sigmundur Davíð Gunnlaugsson, Premier Ministre, est conspué pendant son traditionnel discours prononcé au pied de la statue de Jón Sigurðsson, héros national dont le 17 juin est l’anniversaire de naissance. Personne n’entend que « nous célébrons aujourd’hui et nous réjouissons d’être membres d’une grande famille avec ses diversités. Ce jour nous appelle à l’unité, il nous rappelle que nous sommes une communauté avec une histoire et une culture communes, une communauté dont l’unité est source d’engagement et de réussite ».

Actualité internationale

L’été est marqué par trois événements :

Relations franco-islandaises : la visite de Ségolène Royal

Depuis quelques années les relations entre France et Islande, jusqu’ici distantes, s’intensifient et prennent un tour concret avec notamment l’organisation de colloques par la Chambre de Commerce Franco-islandaise. Le dernier a eu lieu à Paris le 16 avril 2015 en présence du Président Ólafur Ragnar Grímsson, de Laurent Fabius et de Ragnheiður Elín Árnadóttir, Ministre de l’Industrie. Le thème choisi – la géothermie – fournit l’occasion d’approfondir avec la signature d’accords entre les Universités d’Islande et de Strasbourg une coopération déjà engagée.

En venant en Islande les 29 et 30 juillet la ministre française répondait à une invitation de son homologue islandaise. Cette visite a été l’occasion de la signature sous l’égide de la Chambre de Commerce Franco-islandaise d’accords entre les clusters français et islandais de la géothermie, jetant les bases d’une véritable coopération industrielle.

ORG Royal Ségolène au Blue Lagoon crédit IceNews

Et ce n’est pas fini puisque le président Hollande se rendra en Islande en octobre à l’occasion de la conférence « Arctic Circle » dans le cadre de la préparation de la Cop 21.

Les Russes

Ils emplissent l’actualité du mois d’août quand on apprend que, mettant à exécution une menace brandie voici plusieurs mois, ils ont décidé de se passer de produits islandais, notamment le maquereau. Ils veulent ainsi punir l’Islande, avec l’Albanie, le Liechtenstein, le Montenegro et l’Ukraine, de leur participation au boycott décidé par l’Union européenne et l’OTAN. Les estimations des conséquences varient, allant du dramatique au rassurant mais il est certain que les grands armateurs ainsi que certaines villes vivant de la pêche seront affectés.

Au-delà des conséquences économiques, l’irruption intempestive des Russes est un énorme pavé dans la mare. Elle jette une lumière crue sur la politique extérieure de l’Islande, et ce à plusieurs niveaux :

* celui de la prise de décisions et de la place qu’y occupent certains lobbies,

* celui de l’absence d’une vision claire et partagée sur la place de l’Islande dans le monde,

*celui d’institutions dont la vie repose essentiellement sur le compromis, alors qu’une politique extérieure est faite de choix

Les migrants

Les migrants fournissent une autre illustration de l’attitude des Islandais vis-à-vis du monde extérieur. Après les Russes, ils font irruption dans la presse des derniers jours d’août. Le Premier Ministre Sigmundur Davíð (Parti du Progrès)

Sigmundur davið gunnlaugsson Sigmundur Davíð

avait décidé fin juillet que son pays recevrait 50 d’entre eux en deux années. Levers de boucliers : ce n’est pas assez ! Les diverses municipalités se disent prêtes à faire des propositions. Sur la page Facebook «Kæra Eygló Harðar – Sýrland kallar » (« Chère Eygló Harðar – Ministre des Affaires Sociales – la Syrie appelle ») ce sont 5000 Syriens que l’on se dit prêts à accueillir… La Croix-Rouge reçoit la candidature de 700 bénévoles prêts à favoriser cet accueil, et une multitude de fournitures ! Tous les « saumaklúbbar » (clubs de couture) sont engagés dans la confection de vêtements chauds ! Rappel : les Islandais sont 330000, soit 1 pour 200 Français et pour 1000 Européens…

Actualité économique

Qu‘il s’agisse de la levée du contrôle des changes, ou des augmentations de salaire, Már Guðmundsson, Président de la Banque Centrale (BCI), est inquiet. Il est le gardien du niveau des prix et a pour mission de les maintenir en dessous de 2.5%. Dès le 10 juin, le taux de base bancaire est porté à 5% (+ 0.5%) puis à 5.5%, et ce n’est pas la dernière augmentation.

Pourtant le 29 juin la banque centrale se félicite de la progression de la note de Moody’s, de Baa2 à Baa3 ; de la même manière qu’elle peut être satisfaite du commentaire positif du FMI.

Il est vrai que les prévisions confortent la satisfaction qu’expriment en toutes occasions les membres de la majorité, notamment les présidents des deux partis : progression du PNB de 4.1% en 2015, portée par l’investissement (+18.2%) et la demande intérieure (+6.1%), et malgré cela une balance commerciale à l’équilibre. Pourtant des nuages sont apparus pendant l’été, inattendus comme le boycott russe ou la fermeture du marché nigérian, attendus comme la reprise de l’inflation après les accords salariaux signés au printemps ; auxquels il faut ajouter des alertes comme la chute de certains cours mondiaux du poisson et ceux de l’aluminium. Certains projets industriels devraient être revus.

Autres :

Grande journaliste, francophile et francophone, Elín Pálmadóttir est connue pour ses travaux sur ces pêcheurs partis de côtes françaises pour pêcher autour de l’Islande, et dont 4000 ne seraient pas revenus. C’était une belle idée de l’Ambassade de France de la décorer de la Légion d’Honneur sur la goélette « l’Etoile », mais la météo en a décidé autrement. C’est donc le Musée Maritime de Reykjavík qui a été choisi.

Elin

Pendant ce temps la vie continue :

* 04/06 : la police de la région sud de l’Islande a en un an distribué 800 contraventions pour non respect du code de la route, dont environ la moitié à des conducteurs étrangers ; faudrait-il traduire les panneaux ?

* 12/06 : en football, l’Islande a raison de la Tchécoslovaquie 2-1. Sûr que la présence de Sigmundur Davíð et Bjarni alors qu’ils étaient attendus à l’Alþingi y a contribué !

* 25/06 : Páll Valur Björnsson, député d’ »Avenir Radieux » veut que chaque session de l’Alþingi débute par une chanson ; nul doute que son parti va ainsi enfin bousculer les sondages !

* 26/06 : Ragnhildur Jónsdóttir, seule Islandaise à croire aux Elfes, est mécontente du projet de construction de l’aéroport domestique sur le Hvassahraun, car on y dérangerait « ses » Elfes. Elle propose de le construire ailleurs ; mais ne dit-elle pas que les Elfes et leurs compagnons hantent toute l’île ?

* 25.08 le jour le plus chaud de l’été : 18° à Reykjavík, dont les piscines et la plage ont été prises d’assaut,

Températures crédit vedur.is

* 28.08pour la « Menningarnótt » (Nuit de la culture) 120000 personnes défilent sous la pluie…

Menningarnótt crédit Grapevine

 

KJÖTSÚPA, la soupe islandaise

KJÖTSÚPA, la soupe islandaise

Kjot

 Voici venir les premiers frimas.

Quoi de plus reconstituant qu’un bonne KJÖTSÚPA (Soupe islandaise à l’agneau) bien chaude et bien garnie ?

Ingrédients pour 4

 1 kg viande de mouton ou d’agneau en morceaux, avec os

2 litres eau

1 1/2 cuillère à soupe sel

30 g riz

½ kg rutabagas (chou rave)

250 g pommes de terre

150 g chou blanc

250 g carottes

1 c à soupe persil

1 oignon

1 poireau

 Préparation

 Dégraisser au maximum l’agneau.

Mettre la viande dans l’eau froide, écumer quand l’eau bout.

Saler et poivrer.

Faire cuire 25 min.

Ajouter le riz.

Nettoyer et couper les légumes en petits morceaux, les mettre avec la viande, faire cuire 15-20 min.

Ajouter le persil au dernier moment.

Au lieu du riz on peut mettre des flocons d’avoine ou de l’orge.

On sert la viande avec les légumes à part, et le bouillon dans des assiettes creuses à coté.

 Déguster en pensant à l’Islande.

Ne pas hésiter à en préparer une grande quantité, plus c’est réchauffé, meilleur c’est !!!

Recette de Helga Sigurðardóttir

Helga a été longtemps le gourou de la cuisine islandaise. Son livre paru   vers 1948 a été réédité en 2009.

Jón Kalman Stefánsson à la librairie Millepages à Vincennes (94)

D'ailleurs

Conversation avec Jón Kalman Stefánsson, le grand écrivain islandais qui publie « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds » aux éditions Gallimard, traduit par Eric Boury.

Le 22 septembre à 19h30

91 rue de Fontenay

Vincennes

01 43 28 04 15

http://www.millepages.fr/

Rencontre avec l’écrivain islandais Jon Kalman Stefansson 18 septembre

D'ailleursLa librairie Atout-Livre, dans le 12e arrondissement, invite Jon Kalman Stefansson qui viendra évoquer son tout dernier roman « D’ailleurs les poissons n’ont pas de pieds » (paru chez Gallimard et traduit par Éric Boury) le vendredi 18 septembre à 19h30. Une belle soirée en perspective pour celles et ceux d’entre vous qui voudraient rencontrer en vrai cet auteur et lui poser des questions.

JKS

Vendredi 18 septembre 2015 à 19h30 Librairie Atout-Livre 203 bis Avenue Daumesnil

75012 Paris Métro le plus proche : Daumesnil (lignes 06 et 08)

PS : si vous parlez islandais et souhaitez servir d’interprète (plutôt que cela se passe en anglais traduit en français) vous pouvez contacter Nathalène, de la librairie : nathalene@atoutlivre.com (aucune rémunération mais le plaisir de parler directement avec l’auteur).

 

 

Boréales de Caen 2015

Du 13 au 28 novembre 2015, les Boréales de Caen vous accueillent
boréales

Soirée de présentation le 16 octobre à 19h à la Comédie de Caen 14200 Hérouville St Clair

Venez découvrir cette nouvelle édition du Festival Les Boréales consacrée au Danemark et au Groenland, mais pas seulement!
C’est d’ailleurs le génial Bror Gunnar Jansson a.k.a. Gugges Enmanna qui viendra clore cette soirée depuis sa Suède natale.
http://www.canalplus.fr/c-musique/c-musique/pid5043-album-de-la-semaine.html?vid=1104060
http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/bror-gunnar-jansson-moan-snake-moan/
http://next.liberation.fr/musique/2014/05/04/gunnar-jansson-frere-de-blues_1010346
http://www.normandeepblues.fr/product.php?id_product=511
Soirée gratuite mais réservations très vivement conseillées dès le 1er septembre : 02 31 46 27 29
http://www.lesboreales.com/

Expo Design au Grand Palais à Paris du 10 au 13 septembre

designEXPO DESIGN – designer scandinaves à Paris
Un projet qui comprend 5 islandais et 20 scandinaves sera présenté au Grand Palais dans le cadre de l’exposition REVELATIONS – Fine Craft and Creation Fair, du 10 au 13 septembre.
Visitez le site web ici:
www.revelations-grandpalais.com/fr/
Et ici :
www.revelations-grandpalais.com/fr/2/magic-language/ og www.magiclanguage.no/

 

Du 15 au 18 octobre festival du Grand Bivouac à Albertville (73)

Du 15 au 18 octobre, le Grand Bivouac invitera donc, à travers 110 rendez-vous – conférences, projections, débats, animations, salon du livre et du voyage-découverte, expositions, concerts…- à découvrir combien « dans le bouillonnement des marées humaines ou le silence absolu des grands espaces, dans les moments de joie les plus intenses comme de détresse absolue, le monde vibre d’une énergie permanente, de senteurs, de couleurs, de clameurs. Une détermination à vivre, à tracer de nouvelles routes coûte que coûte, dont l’Homme et la nature sont les deux sources indispensables et solidaires ».

Un premier aperçu avec Arnaud Guérin

Chaque année, c’est un casse-tête : faire une sélection dans la programmation du Grand Bivouac. Alors que la billetterie ouvre aujourd’hui (lire l’info en +), partons en reconnaissance avec Arnaud Guérin. Le géologue, photographe, écrivain, voyageur, cuisinier (liste non exhaustive !) fera une nouvelle fois escale à Albertville et animera plusieurs conférences…

Vous avez programmé une rencontre autour des aurores boréales, en Islande, votre deuxième pays… Pourquoi ce choix ?

Avec les marées, c’est l’un des deux grands phénomènes astronomiques que l’on peut observer sur terre. Moi je proposerai un voyage en hiver en Islande. On peut aller assister à des aurores boréales, ailleurs, parfois avec plus de certitude de les voir, mais choisir l’hiver en Islande, c’est la garantie d’un vrai voyage. Il y a aussi les sources chaudes, les glaciers, les volcans, les oiseaux…

Vous donnerez des conseils pour les photographier ?

Oui, mais les photos des aurores boréales, c’est un grand fantasme. Dans la réalité, on ne voit jamais ce que le photographe montre grâce à la pause longue. La photo est à la fois amplifiée et réductrice. Le mieux, c’est de voir l’aurore boréale en vrai, c’est un phénomène dynamique, d’une poésie folle et plein de mythe.

La soirée de l’exploration aura pour invitée l’équipe d’Under the pole. Promesse tenue ?

L’an dernier, depuis le Grand Bivouac, on avait réussi, avec eux au Groenland, une liaison téléphonique scabreuse. Devant le public, on s’était donné rendez-vous en 2015. Ils rentreront fin septembre et quinze jours après, ils seront là, en famille, au Grand Bivouac. Ce sera l’occasion de croiser une nouvelle fois les regards des voyageurs et des scientifiques. Et de voir de magnifiques images.

Pourquoi, la thématique du climat ?

Avant la conférence “Paris climat 2015”, j’avais envie de donner des informations factuelles au public pour l’aider à comprendre. Je commencerai par un document avec des archéologues sur l’adaptation de l’homme aux évolutions climatiques. Puis, en plus de l’équipe d’Under the pole, il y aura deux glaciologues de Grenoble qui vont nous parler des glaciers, des conséquences de leur disparition. Gaël Derive s’exprimera au sujet des peuples victimes de cette évolution.

Autre grand moment en perspective, la soirée “Les beaux matins du monde”…

On projettera le film “Expedition to the end of the world”. C’est très beau, très scandinave dans la façon d’aborder les choses. Ce film, c’est un ovni, avec un rythme et un humour particulier. On est tout de suite dans l’ambiance, sur le voilier, au Groenland. Et en même temps, c’est une expédition scientifique. C’est une expérience à vivre.

Et vous voilà de retour avec une rencontre sur la cuisine en voyage…

Je suis très content de reprendre ce rendez-vous. Parce que pour nous, guides, quand on voyage, nourrir nos ouailles, c’est très important. La cuisine peut gâcher l’ambiance ou rendre le voyage formidable. Pour moi, c’est un atout de cuisiner. On parlera aussi de l’intendance, des problèmes avec les allergies au gluten, aux cacahuètes… Tout ça pimente un voyage.

 guerin

88 Rue de la République, 73200 Albertville

Téléphone : 04 79 32 48 64

Opération Napoléon

Opération Napoléon
Titre original : Napóleonsskjölin
De Arnaldur Indriðason
Traduit de l’anglais par David Fauquemberg
Édition Métailié
340 pages
Sortie le 1er octobre 2015
20€
Opération Napoléon
1945 : un bombardier allemand survole l’Islande dans le blizzard et s’écrase sur le Vatnajökull, le plus grand glacier d’Europe. Bizarrement il y a des officiers allemands et américains à bord. L’Allemand le plus gradé affirme que leur meilleure chance de survie consiste à marcher vers la ferme la plus proche et s’en va, une valise menottée au poignet. Il ne tarde pas à disparaître dans l’immensité blanche. Toutes les expéditions américaines menées dans les années suivantes pour retrouver l’avion restent vaines. 1999 : le glacier fond un peu et les nouveaux satellites repèrent une carcasse d’avion, les forces spéciales de l’armée américaine envahissent immédiatement le Vatnajökull et tentent en secret de dégager l’avion. Deux jeunes sportifs islandais en randonnée surprennent ces manoeuvres et sont rapidement réduits au silence. Avant sa capture l’un d’eux, Elias, contacte sa soeur Kristin, une avocate sans histoires qui ne cessera de chercher la vérité sur ce qui est arrivé à son frère. Elle se lance dans une course poursuite riche en rebondissements au coeur d’une nature glaçante, mais sa ténacité, son courage et sa soif de vérité l’entraînent dangereusement à la recherche de la clef de l’énigme de l’Opération Napoléon. Cette opération militaire mystérieuse et encombrante que les Américains cherchent à faire disparaître. Les événements se précipitent autour d’une héroïne perspicace et résistante à laquelle le lecteur s’attache autant que l’auteur lui-même. La force de ce roman tient autant aux hypothèses historiques déconcertantes, troublantes, parfois dérangeantes, qu’à la séduction inoubliable qu’exerce Kristin. Un formidable roman d’espionnage addictif qu’on ne lâche pas.

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

D'ailleursD’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds
Titre original : Fiskarnir hafa enga foetur
De Jón Kalman Stefánsson
Traduit de l’islandais par Éric Boury
Collection Du monde entier, Gallimard
Parution : 20-08-2015
448 pages
22.50€

Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t’aime.»
Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée.

Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

Illska, le mal

Illska, Le Mal

De Eiríkur Örn NORÐDAHL

Bibliothèque nordique édition Métailié

Titre original : Illska

Traduit de l’islandais par Eric Boury

608 pages

24 euros

Parution le 20 août 2015

 Prix de la littérature islandaise 2012

Prix des libraires islandais 2012

Nominé pour le Nordic Council Literature Prize 2014

Illska

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrières-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.

Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

Dans un jeu vertigineux, Norđdahl interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec une étonnante maîtrise de la narration. Illska est un livre surprenant et immense écrit par un homme jeune, mais appelé à devenir un grand, sans doute un très grand écrivain.

« Voici sans le moindre doute le livre le plus inhabituel de la rentrée : un Islandais nommé Eiríkur Örn Norđdahl a réussi à écrire un roman qui rassemble sous le même toit l’Holocauste, la crise économique, la montée des néonazis en Europe et un triangle amoureux d’une franchise étonnante. »  Profile (Allemagne)

« Norđdahl est un vrai génie. Il n’y a pas un temps mort dans le texte. En tant qu’oeuvre politique Illska est un pur chef-d’oeuvre. » DVDaily (Islande)

« Un livre cruel et parfois cruellement drôle sur la façon dont l’idéologie et l’histoire imprègnent nos sphères les plus intimes. » Spiegel online (Allemagne)

« Tellement maîtrisé, original et cool que c’en est effrayant… Un livre fou ! Lisez-le ! Tellement maîtrisé, original et fantastique que c’est juste irrésistible. » Fréttablaðið Daily (Islande)

 Eiríkur Örn NORÐDAHL est né à Reykjavik en 1978. Poète et traducteur, il a vécu à Berlin puis dans plusieurs pays d’Europe du Nord, en particulier en Finlande, et dernièrement au Viêtnam.