Dream Life en concert à Paris le 2 avril

Le trio islando-britannique Dream Wife à l’humour décapant insuffle son rock féministe sur scène, samedi 2 avril à Paris.
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Dream Wife («la femme rêvée») a chipé son nom à une comédie romantique de 1953 avec Cary Grant et Deborah Kerr qui vantait, comme rarement à l’époque, l’émancipation féminine. Pourtant, c’est Spinal Tap, le faux documentaire bidonnant sur un groupe de hard rock, qui a motivé l’an dernier trois étudiantes en art à Brighton à présenter leur propre girl band factice. Film et concert à l’appui, le projet devait surtout épater une galerie d’art. Mais la parodie est un révélateur : elles les aiment ces pompons, Blondie, ce slogan «Girls just wanna have fundamental rights» brodé au point de croix autant que les cris des riot grrrl. Elles ont poussé leur projet jusqu’aux scènes londoniennes, invitant performeurs et artistes visuels à les assister. Leur humour corrosif au service d’un militantisme antisexiste pourrait en faire des petites sœurs des Chicks on Speed, connues pour leur tube We Don’t Play Guitars. Mais Dream Wife est d’abord tous riffs dehors, avec le mordant et la modernité de Le Tigre, qui avait rebooté le punk-rock des riot grrrl aux débuts des années 2000 avec Kathleen Hanna de Bikini Kill au micro. Dream Wife a trouvé sa propre voix démente : l’Islandaise Rakel Mjöll, parfumée à la liberté d’éructer de façon punk ou de hululer ivre de joie. Maîtrisé, le titre Believe emballe avec une voix qui extrait pourtant Cher des pires souvenirs, comme pour nous rappeler qu’elle était l’une des premières à utiliser l’auto-tune sur le morceau du même nom, avant que les rappeurs n’en fassent leur pain quotidien. Chez Dream Wife, la pop culture à spectre large remue les chorales sixties orchestrées par le tyran Phil Spector comme la pop complexe de la Canadienne Grimes qui règne en maître sur ses productions. Tout s’empile comme des petits cubes et même un peu comme les fantasques Sugarcubes, pour donner forme à une pop qui s’éclate, sans souci du regard masculin. D’ailleurs, sur le single Hey Heartbreaker, la traditionnelle chanson sur un briseur de cœurs est ponctuée d’extatiques «I’m having so much fun !» Cela pourrait être aussi le cas du public si Dream Wife pouvait participer à plus de festivals, qui (se) déclinent encore principalement au masculin, car on ne peut pas compter seulement sur le défricheur et engagé Les femmes s’en mêlent, qui les accueille samedi, pour leur faire place.

Festival « Les femmes s’en mêlent
Samedi 2 Avril 2016 au Trabendo – soirée de clôture / De 22h00 à 6h00
Parc de La Villette, 211 avenue Jean Jaures
75019 Paris 19
01 42 01 12 12
Site web :
http://www.trabendo.fr

À Reykjavik, le taux de chômage est tombé à 1,9%

Miracle à l’islandaise: à Reykjavik, le taux de chômage est tombé à 1,9%
L’information n’a pas fait la Une : «L’Islande a retrouvé son niveau de chômage d’avant la crise.» Un résultat impressionnant pour la petite île indépendante qui a connu l’une des pires crises économiques d’Europe. Depuis sa faillite retentissante en 2008, l’Islande et ses quelque 320.000 habitants ont réussi un retournement économique impressionnant. Avec quelles recettes?

Le chômage en Islande est désormais de 1,9%, selon les chiffres officiels, le taux le plus bas depuis 2007. En 2007, le taux de chômage était de 1,3%… Au plus fort de la crise, survenue en 2008, le chômage avait dépassé les 10% (avec des pointes à 12%).

Pourtant, la crise islandaise a été un vrai tsunami pour cette île. «Peu de pays, voire aucun, avaient vécu une débâcle économique aussi catastrophique», notait le FMI à son propos.

Ce petit miracle à l’islandaise s’explique. Selon le Premier ministre, «nous n’aurions pu sortir de la crise si nous avions été membre de l’Union européenne», avait-il dit en novembre 2015. Sigmundur Davíð Gunnlaugsson avait même été plus loin en affirmant que ne pas être membre de la zone euro avait été une chance pour l’Islande: «Si toutes ces dettes avaient été en euros, et si nous avions été obligés de faire la même chose que l’Irlande ou la Grèce et de prendre la responsabilité des dettes des banques en faillite, cela aurait été catastrophique pour nous sur le plan économique.»


Comparaison chômage Islande-Irlande entre 2005 et 2014 (source Alterécoplus) © alterecoplus

Pourtant l’Islande revient de loin. Le pays a connu une crise beaucoup plus violente que les autres pays européens du fait de la démesure de son système financier lors de l’éclatement de la crise des subprimes. Mais face à une telle situation, l’Islande a pris des mesures très différentes des autres pays européens, quitte à provoquer de vives tensions avec certains d’entre eux (leurs avoirs n’ayant pas été remboursés à la suite d’un référendum en Islande). «A la différence des autres pays heurtés par la crise, l’Islande a laissé ses banques faire faillite, ne préservant que les comptes des ménages résidents. Les étrangers qui avaient placé leur argent dans les banques du pays ont tout perdu lorsque ces banques ont fait faillite. Ailleurs, dans le reste de l’Europe, de nombreuses banques ont été nationalisées car il n’était pas concevable qu’elles puissent faire faillite», rappelait l’Express en 2015.

Le pays a mené une politique mêlant contrôle des capitaux (une idée mal vue en Europe), austérité budgétaire mais aussi hausse des impôts et surtout dévaluation importante de sa monnaie (60%) qui a entraîné une importante inflation, aujourd’hui maîtrisée… et une reprise de la croissance. Résultat, Reykjavik n’a pas sacrifié sa politique sociale et le FMI a été totalement remboursé de ses avances financières. Cette politique a fonctionné, moins d’entreprises ont fait faillite et il n’y a pas eu d’exode des jeunes comme au Portugal, Espagne ou Irlande.

De nombreux économistes font le parallèle avec le cas grec qui est toujours noyé dans sa dette et l’empilement des plans d’austérité. Mais les deux pays sont loin d’être semblables. La Grèce est enfermée dans les règles de la zone euro alors que l’Islande est libre de ses règles et de sa monnaie. Et a même décidé de ne plus demander son adhésion à l’Europe.

De plus, l’Islande a profité des capitaux qu’elle détenait du fait de l’énormité de son système bancaire, bloqués par le contrôle des changes. En conclusion de son rapport sur l’Islande, le FMI le reconnaît le côté peu orthodoxe de la reprise islandaise: «Cet ensemble éclectique de mesures a été efficace dans le cas de l’Islande, mais il n’est pas du tout certain que les enseignements à en tirer soient transposables ailleurs, y compris dans la zone euro en crise.»

En tout cas, l’Islande est devenue un exemple pour ceux qui critiquent l’intégration autour de l’euro. Avec raison ?

http://geopolis.francetvinfo.fr/miracle-a-l-islandaise-a-reykjavik-le-taux-de-chomage-est-tombe-a-19-95935
https://www.facebook.com/ambassadedislande/posts/1022883054434736

Septième festival du livre de « LIRE A PLOURIVO »

Septième festival du livre de « LIRE A PLOURIVO »

Les talentueux et énergiques amis de « Lire à Plourivo » organisent leur septième festival du livre le samedi 5 et dimanche 6 mars 2016.

Samedi 5 mars 2016 : conférences débats
11h – 13H : lectures à voix haute au Bar de la mairie au bourg de Plourivo
Lecture à 4 voix : Nez en l’air et pieds au sol Le massif de Penhoat Lancerf : une production de La Fabrique à paroles
10-15 personnes lisent des extraits de romans de leur choix ou des poèmes – 3 à 4 minutes chacune
13H -14H : repas sur place (sur inscription)
15H – 18 H : conférence débat : L’ISLANDE
Lieu : salle des fêtes (petite salle)
15H : retours d’Islande à 2 voix par Claudine PANCIROLI et Christine FLOURY qui nous présentent leur ISLANDE
16H : littératures d’Islande avec Joël DONNART, Françoise LEDOUX et Jean Marie PHILIPPART
17H : Paimpol et l’Islande par Pierre GUERIN
18H Arlette et Laurence chantent
A noter : deux expositions photos
Islande : terre de glace et de feu de Michel KREYDER et Sylvie DONNART

Dimanche 6 mars 2016
A la salle des Fêtes
10H – 18H
Dédicaces et rencontres avec 40 auteurs et éditeurs (romanciers, nouvellistes, historiens, poètes, illustrateurs, livres pour enfants)
Les animations
Un atelier calligraphie animé par Thomas JOST
Des ateliers lecture pour les enfants animés par Françoise LEDOUX et Cathy LE TREOU
Manu CAMPOS et Isabelle MICALEFF : rencontre autour de leur livre « Vers la paix »
La chorale « terre, eau, feu » dirigée par Manuelle CAMPOS
Les commerçants de PLOURIVO décorent leurs vitrines aux couleurs de l’Islande
Expositions de Sylvie DONNART et Michel KREYDER
18h Rencontre de l’équipe de Lire à Plourivo avec les exposants

« Tourner la page » de De Audur Jónsdóttir

tournerTourner la page
De Audur Jónsdóttir
Traduit par Jean-Christophe SALAUN
Édition Presse de la Cité
464 pages
Paru le 27 août 2015
22€

« S’il t’est véritablement impossible de prendre soin de toi, veux-tu au moins me faire le plaisir de t’occuper de ton roman ? »
Un beau matin, Eyja se réveille dans un petit village de pêcheurs islandais, mariée à un ivrogne de vingt ans son aîné. Si ce dernier empoisonne son quotidien, elle ne parvient pourtant pas à s’en détacher. Mais sa grand-mère, déterminée à la bousculer, lui offre un nouveau départ et l’envoie rejoindre sa cousine, l’audacieuse Rúna, en Suède. Il est temps que la jeune femme tourne la page. Là-bas, parviendra-t-elle à écrire le roman auquel elle pense depuis des années ?

L’angoisse de la page blanche… Eyja rêve de cet impossible rêve du premier roman. Elle, la petite fille d’Halldór Laxness, prix Nobel de littérature 1955. Une figure majeure de la nation et de la culture islandaises (NDLR : authentique). Oui, mais la plume d’Eyja reste muette. Mariée au Coup de Vent qui se dilue dans l’alcool, la jeune femme finit par suivre les recommandations de sa grand-mère et accepter « l’exil » chez sa cousine en Suède. Une ancienne championne de ski un brin extravertie et un séjour à l’étranger, il n’y a rien de tel pour tourner la page… Audur Jónsdóttir crible son roman d’éléments autobiographiques. Multiplie les flashbacks à en perdre le lecteur mais, comme les chats, finit par retomber sur ses pattes. C’est parfois rude, or Tourner la page vaut la peine qu’on s’accroche. On y croise des femmes attachantes aux parcours chaotiques. On y goûte surtout l’esprit d’un Woody Allen et l’esthétique torturée de David Lynch. Un cocktail forcément enivrant.

Servi par un style vif et sans fioritures, ce texte moderne et intelligent sur la reconstruction de soi pose aussi la question de la création littéraire.

« Un des plus éminents ouvrages de l’année passée, voire des années passées. » Hallgrímur Helgason