D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

D'ailleursD’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds
Titre original : Fiskarnir hafa enga foetur
De Jón Kalman Stefánsson
Traduit de l’islandais par Éric Boury
Collection Du monde entier, Gallimard
Parution : 20-08-2015
448 pages
22.50€

Elle est plus belle que tout ce qu’il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d’un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s’il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c’est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d’amour. Elle s’en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t’aime.»
Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée.

Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

Illska, le mal

Illska, Le Mal

De Eiríkur Örn NORÐDAHL

Bibliothèque nordique édition Métailié

Titre original : Illska

Traduit de l’islandais par Eric Boury

608 pages

24 euros

Parution le 20 août 2015

 Prix de la littérature islandaise 2012

Prix des libraires islandais 2012

Nominé pour le Nordic Council Literature Prize 2014

Illska

Événement dans l’histoire mondiale : Agnes et Omar se rencontrent par un dimanche matin glacial dans la queue des taxis au centre-ville de Reykjavik. Agnes rencontre aussi Arnor, un néonazi cultivé, pour sa thèse sur l’extrême droite contemporaine. Trois ans, un enfant et une crise de jalousie plus tard, Omar brûle entièrement leur maison et quitte le pays. L’histoire commence en réalité bien avant, au cours de l’été 1941, quand les Einsatzgruppen, aidés par la population locale, massacrent tous les Juifs de la petite ville lituanienne de Jurbarkas. Deux arrières-grands-pères d’Agnes sont pris dans la tourmente – l’un d’eux tue l’autre – et, trois générations plus tard, Agnes est obsédée par le sujet.

Illska parle de l’Holocauste et d’amour, d’Islande et de Lituanie, d’Agnes qui se perd en elle-même, d’Agnes qui ne sait pas qui est le père de son enfant, d’Agnes qui aime Omar qui aime Agnes qui aime Arnor.

Dans un jeu vertigineux, Norđdahl interroge le fascisme et ses avatars contemporains avec une étonnante maîtrise de la narration. Illska est un livre surprenant et immense écrit par un homme jeune, mais appelé à devenir un grand, sans doute un très grand écrivain.

« Voici sans le moindre doute le livre le plus inhabituel de la rentrée : un Islandais nommé Eiríkur Örn Norđdahl a réussi à écrire un roman qui rassemble sous le même toit l’Holocauste, la crise économique, la montée des néonazis en Europe et un triangle amoureux d’une franchise étonnante. »  Profile (Allemagne)

« Norđdahl est un vrai génie. Il n’y a pas un temps mort dans le texte. En tant qu’oeuvre politique Illska est un pur chef-d’oeuvre. » DVDaily (Islande)

« Un livre cruel et parfois cruellement drôle sur la façon dont l’idéologie et l’histoire imprègnent nos sphères les plus intimes. » Spiegel online (Allemagne)

« Tellement maîtrisé, original et cool que c’en est effrayant… Un livre fou ! Lisez-le ! Tellement maîtrisé, original et fantastique que c’est juste irrésistible. » Fréttablaðið Daily (Islande)

 Eiríkur Örn NORÐDAHL est né à Reykjavik en 1978. Poète et traducteur, il a vécu à Berlin puis dans plusieurs pays d’Europe du Nord, en particulier en Finlande, et dernièrement au Viêtnam.

Décès de la réalisatrice Sólveig Anspach

SolveigLa réalisatrice franco-islandaise Sólveig Anspach est décédée le 7 août à l’âge de 54 ans des suites d’un cancer dans sa maison dans la Drôme.

Née en Islande en décembre 1960, elle s’était fait connaître du grand public en 1999 grâce à «Haut les coeurs», un film bouleversant sur une femme enceinte, atteinte d’un cancer du sein, une fiction inspirée de sa propre expérience de la maladie.
Le succès du film avait été immédiat et l’actrice Karin Viard qui interprétait la femme enceinte avait obtenu le César de la meilleure actrice l’année suivante.
Mais Sólveig Anspach a également réalisé plusieurs autres films et documentaires, parlant notamment de la peine de mort dans «Made in the USA», de Louise Michel dans un documentaire qu’elle réalise pour la télévision en 2008 ou encore du deuil dans «Queen of Montreuil», un film qui raconte la banlieue autrement.
«J’en ai marre qu’on montre toujours la même chose de la banlieue comme si c’était un coupe-gorge atroce avec des voitures qui brûlent», expliquait-elle au moment de la sortie du film en 2013.

L’an dernier elle avait séduit plus de 500 000 spectacteurs avec «Lulu femme nue», un film tiré de la bande dessinée éponyme d’Etienne Davodeau.
Elle y racontait avec sensibilité et drôlerie la vie d’une quadragénaire devenue transparente dans sa vie, à nouveau interprétée par Karin Viard. Le film avait reçu le César de la meilleure adaptation.
Ces derniers mois, la réalisatrice franco-islandaise travaillait au montage de «l’Effet aquatique», le dernier film d’une trilogie de comédies décalées entamée avec «Back Soon» sorti en 2006 et suivi quelques années plus tard de «Queen of Montreuil».
Avec toujours au casting l’impressionnante actrice islandaise Didda Jónsdóottir, mais également Florence Loiret-Caille et Samir Guesmi, devenus des fidèles de la réalisatrice.
La sortie du film reste prévue en 2016, selon son agent.
«Je suis toujours pressée parce que j’ai l’impression que la vie peut s’arrêter demain» déclarait-elle dans une interview au magazine Télérama en 2013.

 

 

Exposition Ragnar Kjartansson au Palais de Tokyo à Paris

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Le Palais de Tokyo présente cet automne du 21/10/2015 au 10/01/2016 la première exposition personnelle en France de l’artiste islandais Ragnar Kjartansson (né en 1976, vit à Reykjavik). Empreinte de l’humour propre à l’univers de l’artiste, l’exposition explore de façon poétique et surprenante la vie quotidienne occidentale, brouillant les frontières entre réalité et fiction.

Parmi les œuvres inédites réalisées pour l’exposition figurent Bonjour, performance spectaculaire coproduite avec le Festival d’Automne à Paris, qui met en scène la rencontre fugace d’un homme et d’une femme dans le décor à l’échelle 1 d’une place pittoresque d’une petite ville française, ainsi que Scenes from Western Culture [Scènes de la culture occidentale], un ensemble de vidéos : une séance de piscine, un déjeuner entre deux jeunes femmes, etc.

Ragnar Kjartansson compose une œuvre singulière à la croisée de la performance et du cinéma, de la peinture et de l’art lyrique, du plein air et de la musique. Il développe régulièrement de vastes projets interdisciplinaires, dont la réalisation implique plusieurs participants – acteurs, musiciens, amis et membres de sa famille – parfois invités à évoluer au sein même de l’espace d’exposition, transformé en espace scénique ou en plateau de tournage.

http://www.palaisdetokyo.com/fr/exposition/exposition-monographique/ragnar-kjartansson

 

Icelandic Cinéma Online

Un site, Icelandic Cinema Online, met en ligne toute une série de films islandais.

Le catalogue propose actuellement près de 200 films, courts-métrages et documentaires.

Pour quelques €uros tout au plus il est possible d’accéder, pendant 24 heures, au film que vous avez sélectionné.

Quelques documentaires sont gratuits. Tous les lundis, dans la catégorie musique, un nouveau petit document est mis en ligne gratuitement.

PS : en gratuit il y a le court-métrage de 2003 et de 17 mn « The Last Farm » de Rúnar Rúnarsson.

À la grâce des hommes

 

A la grâce des hommes

A la grâce des hommes

De Hannah Kent

Traduit par Karine Reignier

Presses de la Cité

Sortie mai 2014

395 Pages – 21€
Agnes Magnúsdóttir, servante dans l’Islande austère et violente du XIXe siècle, est condamnée à mort pour l’assassinat de son amant et placée dans une ferme reculée en attendant son exécution. Horrifiés à l’idée d’héberger une meurtrière, le fermier, sa femme et leurs deux filles évitent tout contact avec Agnes, qui leur inspire autant de peur que de dégoût. Seul Tóti, le révérend chargé de préparer la jeune femme à sa fin prochaine, tente de la comprendre. Au fil des mois, Agnes raconte sa vérité, aussi terrible soit-elle à accepter. Mais la justice des hommes est en marche, et pourquoi Agnes réapprendrait-elle à vivre si c’est pour mourir ? Inspiré d’une histoire vraie, A la grâce des hommes est un roman sur la vérité, celle que nous pensons connaître et celle à laquelle nous voulons croire. Avec ce premier roman à l’atmosphère lyrique et ample, Hannah Kent s’impose d’ores et déjà comme l’un des grands écrivains de sa génération.

Björk : archives

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Björk Archives

Éditions Flammarion

Sortie le 19 août 2015

49.90€
Musicienne, chanteuse et compositrice, Björk est une virtuose, une artiste visionnaire multidisciplinaire, créatrice d’univers époustouflants. Par la mode avec ses masques, ses coiffes et ses costumes, par la vidéo avec ses clips et ses films expérimentaux, ses œuvres témoignent de son originalité prolifique nourrie d’une multitude d’influences et de nombreuses collaborations artistiques (Chris Cunningham, Michel Gondry, Alexander McQueen, Matthew Barney…).
Simultanément à la sortie de son prochain album, en mars 2015, le MoMA lui consacre une importante rétrospective retraçant sa carrière. Björk : archives accompagne cet événement par un très beau coffret composé de 5 cahiers individuels qui, distingués par leur couleur, se déplient pour dévoiler une partition des plus grands succès de Björk, porte d’entrée musicale et graphique aux essais passionnants qui décrivent et analysent le parcours de cette musicienne hors du commun.
L’introduction du commissaire propose un parcours biographique de son enfance à nos jours en passant par ses débuts, ses succès et toutes les personnes qui ont scandé son œuvre. Deux essais sur la musique donnent les clés pour comprendre son processus créatif et la radicalité de ses clips. Un échange avec le philosophe Timothy Morton laisse entrevoir Björk dans son intimité, une Björk spontanée, drôle et déjantée. Enfin, le coffret se termine sur un poème de son ami de longue date Sjón, illustré des plus belles photos de la chanteuse. Entre analyse musicale, déambulation philosophique et poésie, Björk: archives est un ouvrage de référence à l’image de l’artiste : unique !

Exposition rétrospective retraçant la carrière de la chanteuse, musicienne et compositrice. Le catalogue prend la forme de cinq cahiers contenant chacun une partition de Björk, une biographie de l’artiste, deux essais sur la musique, un échange avec le philosophe Morton et un poème de l’ami de la chanteuse, Sjón.